La transformation digitale : une arme contre la hausse de la dette publique

 

Réduire les coûts dans un contexte tendu

Le niveau des dépenses publiques est un sujet récurrent en France. Et pour cause : au deuxième trimestre 2018, l’INSEE estimait le montant de la dette publique à 2 322 milliards d’euros, ce qui représente 99,3 % du PIB. Ce montant a même provisoirement dépassé les 100 % en 2017. Cela signifie que l’intégralité de l’endettement public équivaut peu ou prou à une année complète de production de richesse.

Bien que cette tendance remonte à des dizaines d’années, elle ne cesse d’inquiéter les institutions publiques, qui doivent chercher de nouvelles formes de management public et de modèles économiques pour rationaliser leurs dépenses. Un des moyens d’y parvenir est d’entamer ou continuer une profonde transformation digitale.

Nous verrons comment les technologies de l’information peuvent aider à réinventer l’action publique, en lui permettant notamment de gagner en compétitivité et agilité. L’hôpital nous fournira à ce titre un exemple sur la manière de mettre en place la simplification et la modernisation de l’action publique.

La réalité de la dette publique

Avant toute chose, signalons que ce constat sur l’état des finances publiques se veut absolument apolitique. Les chiffres de l’INSEE montrent une augmentation quasiment ininterrompue du montant de la dette depuis 1977. On en déduit que l’ampleur du phénomène est indépendante des divers gouvernements successifs.

Nous l’avons dit, l’ensemble de la dette publique représente plus de 99 % du PIB en 2018. La dépense publique, elle, représente environ 55 % de la richesse annuellement créée en 2017 et 2018 (source : fr.statista.com).

Selon vie-publique.fr, le paiement des intérêts de la dette représentait le 4e poste de dépense de l’État en 2018, pour 41,2 milliards d’euros, soit 9,3 % du budget total.

Ces chiffres très importants ne sont pas sans possibles conséquences. Premièrement, la part du budget qui doit être consacrée au remboursement de cette dette devient de plus en plus importante. Cela se traduit soit par une baisse de la dépense publique dans des secteurs ciblés, soit par une augmentation des recettes, et donc généralement de l’impôt.

Pour certains économistes, il y a une corrélation entre une dette publique supérieure à 90 % et une diminution de la croissance. En outre, des dépenses publiques qui augmentent tendent à détourner les acteurs économiques de l’investissement et de la consommation, pour plutôt les diriger vers l’épargne, car ils prévoient une augmentation de la fiscalité. C’est donc le démarrage d’un cercle vicieux, puisque la baisse de l’investissement et de la consommation entraîne une baisse de la croissance, donc une baisse des recettes de l’État.

Enfin, des politiques publiques qui conduisent à une explosion de la dette peuvent in fine réduire la confiance accordée à l’état concerné, qui voit ses taux d’intérêt augmenter, rendant alors la dette encore plus chère à rembourser.

Pour l’instant, les taux d’intérêt restent bas en France. Mais là où le sujet des dépenses publiques était peu évoqué il y a quelques années, il s’agit maintenant d’une problématique majeure pour les gouvernements récents, qui sont attendus au tournant sur le sujet.

Un des moyens d’inverser cette spirale passe par la rationalisation et la transformation numérique des services publics.

Une solution : la transformation digitale publique

Un des moyens incontournables de réduire la dette publique est mathématiquement de réduire les coûts. Selon le site decision-achats.fr, il s’agit de l’objectif numéro 1 pour 82 % des membres du secteur public. Un des moyens d’y parvenir est de repenser la manière de travailler des administrations, et cela peut notamment passer par une révolution numérique.

La transformation numérique consiste à utiliser les nouveaux outils informatiques pour revoir le fonctionnement organisationnel du secteur public. Il s’agit, grâce à la digitalisation, d’automatiser et de standardiser un maximum de tâches, afin de rendre les organisations plus agiles et plus économes.

Le développement croissant du paiement de l’impôt par Internet est un bon exemple d’une dématérialisation qui permet à la fois de réduire les coûts, et de gagner en productivité. En effet, de nombreux frais sont éliminés ou fortement diminués grâce à la numérisation, beaucoup de temps est gagné, les retards de paiement sont minimisés…

C’est là tout l’enjeu de cette mutation digitale : tâcher de rendre le meilleur service possible à la population, tout en réduisant les coûts par l’harmonisation et la rationalisation des procédures.

La transformation digitale dans l’hôpital et les GHT

Voyons maintenant comment les bonnes pratiques de la formation digitale peuvent trouver une application dans un secteur en particulier, les hôpitaux.

La structure de la dette publique révèle que celle-ci est composée à plus de 80 % par la dette de l’État, contre seulement 9 % pour les collectivités territoriales. Ainsi, la fonction publique hospitalière est dans le collimateur, en tant qu’administration dans laquelle il semble possible de faire des économies.

Cette réflexion a mené en 2016 à la création des GHT, ou Groupements hospitaliers de territoire. Comme ce nom l’indique, l’objectif est la mutualisation des hôpitaux en plusieurs groupes. 891 hôpitaux deviennent ainsi 135 GHT, d’une taille variant de 2 à 20 établissements.

Le but est donc, pour partie, de réaliser des économies grâce à une harmonisation organisationnelle au sein des établissements de chaque GHT.

La transformation digitale rentre parfaitement dans le cadre de cette problématique. Il s’agit d’un levier incontournable que devrait envisager chaque GHT à la fois pour baisser ses coûts, et pour augmenter son efficacité. Un des outils digitaux à optimiser est l’harmonisation du parc d’imprimante, et plus généralement, la détermination d’une politique d’impression claire et uniforme.

Il faut savoir que les coûts d’impression peuvent représenter jusqu’à 5 % d’un budget de fonctionnement, et qu’un audit réalisé par un expert indépendant peut faire économiser en moyenne 12 % sur le budget impression.

Cette mise à niveau passe donc par une standardisation des parcs d’imprimantes, autant qu’une rationalisation et une responsabilisation du comportement de tous les agents publics. Beaucoup de gaspillages sont en effet dus à de mauvaises habitudes, suivies machinalement par le personnel.

Revoir en détail la politique d’impression des hôpitaux et de toutes les institutions publiques représente donc un pan important de leur transformation digitale, qui induit des économies loin d’être négligeables mais difficile à aller chercher sans aide extérieur.

Optimiser l’impression, un pas important vers la réduction des coûts

Pour finir, rappelons donc que le problème de la dette en France revêt une place de plus en plus importante dans le débat public. Il s’ensuit des tentatives fréquentes de mieux appréhender le rôle de l’action publique, ce qui passe notamment par une réduction de ces coûts.

La création des GHT est une illustration de cette tentative de maîtrise de la dépense publique. Le fait de regrouper de nombreux établissements hospitaliers très disparates au sein d’une même unité représente une opportunité importante de mettre en place une transformation digitale, mais un défi pour des équipes souvent déjà très chargées.

Il apparaît en effet primordial d’harmoniser les procédures et de réduire les coûts au sein d’entités initialement séparées, qui se retrouvent soudainement associées dans un groupe commun.

Le domaine de l’impression fait partie intégrante de cette digitalisation de l’Etat. Il doit absolument interpeller tout administrateur public qui cherche à faire des économies substantielles sans grever aucun des autres budgets, réellement destinés à fournir un service public de qualité.

 

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